• Aux femmes (Louise Ackermann)

     

    Aux femmes S’il arrivait un jour, en quelque lieu sur terre,

    Qu’une entre vous vraiment comprît sa tâche austère,

    Si, dans le sentier rude avançant lentement,

    Cette âme s’arrêtait à quelque dévouement,

    Si c’était la Bonté sous les cieux descendue,

    Vers tous les malheureux la main toujours tendue,

    Si l’époux, si l’enfant à ce cœur ont puisé,

    Si l’espoir de plusieurs sur Elle est déposé,

    Femmes, enviez-la. Tandis que dans la foule

    Votre vie inutile en vains plaisirs s’écoule,

    Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné,

    Elle a sa foi, son but et son labeur donné. Enviez-la.

    Qu’il souffre ou combatte, c’est Elle

    Que l’homme à son secours incessamment appelle,

    Sa joie et son appui, son trésor sous les cieux,

    Qu’il pressentait de l’âme et qu’il cherchait des yeux,

    La colombe au cou blanc qu’un vent du ciel ramène

    Vers cette arche en danger de la famille humaine,

    Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,

    Pour branche d’olivier a rapporté l’amour.

     

    Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné,

    Elle a sa foi, son but et son labeur donné.

    Enviez-la ! Qu’il souffre ou combatte, c’est Elle

    Que l’homme à son secours incessamment appelle,

    Sa joie et son espoir, son rayon sous les cieux,

    Qu’il pressentait de l’âme et qu’il cherchait des yeux,

    La colombe au cou blanc qu’un vent du ciel ramène

    Vers cette arche en danger de la famille humaine,

    Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,

    Pour branche d’olivier a rapporté l’amour.

     

     

    Louise Ackermann, Paris, 1835

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